Question de cliente · réponse clinique

    Peut-on manger des œufs quand on a des fibromes ?

    Rédigé par Juliana Dosy, M.Sc., maître en nutrition · Mis à jour le

    Assiette avec œufs, légumes verts et vitamine D — alimentation compatible avec les fibromes utérins

    Réponse courte

    Oui. À ce jour, aucune donnée scientifique ne recommande d'éliminer les œufs en cas de fibromes utérins. Les œufs apportent des protéines de qualité, de la choline, de la vitamine B12, du sélénium et un peu de vitamine D — un nutriment souvent bas chez les femmes ayant des fibromes.

    D'où vient cette peur ?

    Les fibromes sont sensibles aux hormones, en particulier aux œstrogènes. De là est née l'idée que les œufs — parce qu'ils sont un aliment d'origine animale — pourraient « nourrir » les fibromes en apportant des œstrogènes. Cette affirmation ne repose pas sur des études cliniques de bonne qualité.

    En pratique, la quantité d'œstrogènes présente naturellement dans un œuf est loin d'être suffisante pour influencer de manière cliniquement pertinente la croissance des fibromes chez l'humain. Aucune société savante, aucune ligne directrice reconnue ne recommande d'éliminer les œufs simplement parce qu'une femme a des fibromes.

    Ce que dit vraiment la science

    Les revues récentes sur alimentation et fibromes (Tinelli 2021, Martire 2025, Fresco 2026) convergent sur le même message : le facteur alimentaire important n'est pas un aliment isolé, mais la qualité globale de l'alimentation.

    Ce qui est associé à un risque plus faible de fibromes ou à une progression plus lente : une alimentation riche en légumes, fruits, légumineuses, grains entiers, poissons, et un apport suffisant en vitamine D. Ce qui est associé à un risque plus élevé : les aliments ultra-transformés, les excès de sucres ajoutés et de grandes quantités de viandes rouges.

    Les œufs ne figurent dans aucune de ces listes de facteurs aggravants.

    Ce que les œufs apportent réellement

    Un œuf entier fournit environ 6 g de protéines complètes, de la choline (importante pour le foie, organe clé du métabolisme des œstrogènes), de la vitamine B12, du sélénium (antioxydant), et une petite quantité de vitamine D.

    La vitamine D mérite une mention à part : de faibles taux sont fréquemment observés chez les femmes ayant des fibromes, et corriger cette carence est l'une des stratégies nutritionnelles les mieux appuyées par la recherche. Les œufs ne suffisent pas à eux seuls à combler une carence, mais ils y contribuent dans le cadre d'une alimentation variée.

    Quand être plus prudente

    Il existe de vraies raisons d'éviter ou de limiter les œufs : allergie, intolérance, ou une recommandation médicale spécifique (par exemple, en contexte cardiovasculaire particulier). Dans ces cas, l'ajustement se fait avec un professionnel de santé.

    En dehors de ces situations, la présence de fibromes n'est pas en soi une raison de les éliminer.

    Questions fréquentes

    Combien d'œufs par semaine est-ce raisonnable si j'ai des fibromes ?

    Pour la plupart des femmes en bonne santé cardiovasculaire, 4 à 7 œufs par semaine s'intègrent sans problème dans une alimentation équilibrée. En cas de dyslipidémie ou d'autre condition médicale, ajustez avec votre équipe soignante.

    Est-ce que les œufs augmentent les œstrogènes ?

    Non, pas dans une mesure cliniquement significative. La quantité d'œstrogènes naturellement présente dans un œuf est très faible et n'a pas été démontrée comme influençant les taux hormonaux chez l'humain.

    Faut-il privilégier les œufs biologiques ?

    Sur le plan des nutriments essentiels, la différence est modeste. Le choix bio ou de poules élevées en liberté relève surtout de préférences éthiques et environnementales.

    Blanc ou jaune : lequel est le plus intéressant ?

    Le jaune contient la choline, la vitamine D, la vitamine B12 et la plupart des minéraux. Le blanc apporte surtout des protéines. Manger l'œuf entier reste l'option la plus complète sur le plan nutritionnel.

    Références

    1. Tinelli A, et al.. Uterine Fibroids and Diet. Nutrients. 2021.
    2. Martire FG, et al.. Nutrition and Uterine Fibroids: Clinical Impact and Pathophysiological Insights. Journal of Clinical Medicine. 2025.
    3. Fresco TM, et al.. State of the science and research opportunities on dietary patterns in endometriosis and uterine fibroids. npj Women's Health. 2026.

    À propos de l'auteure

    Juliana Dosy, maître en sciences de la nutrition avec plus de 17 ans d'expérience clinique, fondatrice de Club NutriChoix. Elle accompagne les femmes vivant avec des déséquilibres hormonaux — fibromes utérins, endométriose, SOPK — en alliant santé intestinale, équilibre des œstrogènes et alimentation anti-inflammatoire fondée sur la science.

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