Entrevue radio · CIBL 101,5 FM
Juliana Dosy à CIBL 101,5 FM : nutrition, santé hormonale et relation à l'alimentation
Émission Les Raconteurs · · environ 60 minutes · Montréal

Résumé de l'entrevue
Le 18 août 2026, Juliana Dosy, maître en nutrition et fondatrice du Club NutriChoix, était l'invitée de l'émission Les Raconteurs sur les ondes de CIBL 101,5 FM, à Montréal. Pendant une heure, elle est revenue sur son parcours — de Madagascar, qu'elle quitte à 20 ans avec une bourse d'excellence de la francophonie, jusqu'à plus de 17 ans de pratique en nutrition au Québec, dont une longue période dans le réseau de la santé.
L'échange s'éloigne rapidement des régimes et des chiffres sur la balance. Juliana y défend une nutrition fondée sur la science, mais accessible, inclusive et compatible avec le plaisir de manger : réparer la relation avec la nourriture avant de compter quoi que ce soit, apprendre à manger quand on a faim et à s'arrêter quand on n'a plus envie.
Une bonne partie de l'entrevue porte sur la santé hormonale féminine — fibromes utérins, endométriose, syndrome des ovaires polykystiques — et sur le fil conducteur qui les relie : l'inflammation entretenue par les aliments ultra-transformés, la restauration rapide, l'excès de viande rouge et le gras abdominal. Elle y détaille ce qu'elle travaille en priorité avec ses clientes.
Le reste de la conversation est très concret : comment bien manger malgré l'inflation à l'épicerie, pourquoi le jeûne intermittent sévère se retourne souvent contre celles qui le pratiquent, et ce qui change dans le corps à partir de la quarantaine. Cette page reprend l'essentiel de ce qu'elle a dit, avec des liens vers les guides détaillés.
« La nourriture à la base, c'est fait pour nous nourrir. Apprenons tout simplement, idéalement, à manger quand on a faim et à arrêter de manger quand on n'a plus envie de manger. »
Alimentation et fibromes utérins : ce qui aide vraiment
Il n'existe pas de liste d'aliments formellement interdits, et Juliana refuse de promettre un miracle : « la science ne nous permet pas de dire ça ». Ce qu'elle observe en accompagnement, en revanche, c'est une amélioration réelle des symptômes — flux moins abondants, douleurs abdominales atténuées — chez les femmes qui changent leurs habitudes. La première cible est presque toujours la même : réduire la restauration rapide et les aliments ultra-transformés, trop gras, trop sucrés, trop salés, qui entretiennent l'inflammation.
Deuxième levier : le gras abdominal, qui sécrète lui aussi des molécules inflammatoires et alimente le cercle vicieux. Mieux manger et bouger agissent donc sur les deux fronts à la fois. Côté assiette, elle privilégie les légumes à feuilles vertes riches en lutéine et en antioxydants, tout ce qui est rouge et mauve — betterave, chou rouge, oignon rouge, patate douce mauve, haricots foncés — ainsi que les petits fruits et les agrumes. Moins de viande rouge, moins de sucreries.
Guide complet : fibromes utérins, aliments à éviter et alimentation anti-inflammatoire
Fibromes, endométriose et SOPK : le fil conducteur de l'inflammation
Ces trois conditions touchent surtout des femmes jeunes — fin vingtaine, trentaine, début quarantaine — souvent débordées, qui manquent de temps pour cuisiner. Dans les fibromes et l'endométriose, il y a multiplication cellulaire ; dans le SOPK, ce sont plutôt les cycles irréguliers et les signes d'hyperandrogénie. Mais, souligne Juliana, les trois partagent une composante inflammatoire, et c'est là que l'alimentation entre en jeu.
Sa recommandation, si on ne devait retenir qu'une chose : couper de moitié la restauration rapide, les boissons sucrées, l'alcool et les aliments ultra-transformés, et remettre des repas préparés à la maison, plus de légumes et plus de fruits. « Moins de fast-food et plus de légumes, moins de sucreries, plus de fruits » — appliqué sérieusement, cela suffirait selon elle à faire baisser la fréquence de ces trois problématiques chez les jeunes femmes.
Demandez à Juliana : réponses aux questions précises des clientes
Bien manger malgré l'inflation à l'épicerie
Face au prix de la viande, Juliana propose de remplacer une partie des protéines animales par des légumineuses : haricots, pois chiches, lentilles. En conserve, c'est tout à fait acceptable — il suffit de bien rincer. Elles coûtent une fraction du prix de la viande et se prêtent aux soupes et aux mijotés d'hiver.
Elle recommande aussi les petits poissons en conserve, la sardine en tête : riche en oméga-3 anti-inflammatoires, riche en fer — un point important pour les femmes anémiées par des flux abondants — et faible en mercure, parce qu'il s'agit de petits poissons qui n'en mangent pas d'autres. Enfin, une à deux heures de préparation la fin de semaine, et les applications anti-gaspillage pour des légumes frais à moindre coût, font une différence concrète sur le budget.
Jeûne intermittent : pourquoi la privation se retourne contre vous
Juliana met en garde contre les versions sévères du jeûne intermittent. Sauter des repas toute la journée mène très souvent à des épisodes d'hyperphagie le soir, avec la culpabilité qui suit — un schéma qui abîme la relation à la nourriture et peut glisser vers un trouble des conduites alimentaires.
Sur le plan métabolique, elle décrit l'effet mode survie : après de longues heures sans manger, le corps interprète la situation comme une famine et stocke davantage au repas suivant. À force, perdre du poids devient plus difficile, pas plus facile. Son alternative : répartir intelligemment ses apports sur la journée et miser sur des aliments riches en fibres et en eau, qui rassasient durablement.
Après 40 ans : masse musculaire, gras abdominal et transition hormonale
À partir de la quarantaine s'amorce la transition vers la ménopause : le métabolisme ralentit, la silhouette change et la graisse se redistribue vers l'abdomen. Ce gras-là n'est pas qu'esthétique — il produit des molécules inflammatoires qui aggravent les fibromes, le SOPK et le risque métabolique.
Le point que Juliana martèle : la perte de masse musculaire commence à cet âge et s'accélère si on ne fait rien. Le cardio seul ne suffit plus ; le renforcement musculaire devient essentiel — poids libres, bandes élastiques, ou simplement le poids du corps, deux à trois fois par semaine. Combiné à une alimentation sans culpabilité, c'est ce qui protège l'énergie, les os et le métabolisme sur le long terme.
Extraits de l'entrevue
« La nourriture à la base, c'est fait pour nous nourrir. Apprenons tout simplement, idéalement, à manger quand on a faim et à arrêter de manger quand on n'a plus envie de manger. »
« Tu n'as pas besoin de t'affamer pour perdre du poids. Apprends plutôt à améliorer ton horaire alimentaire et apprends à manger intelligemment. »
« Les légumineuses, tout ce qui est haricots, pois chiches, lentilles : même si c'est en boîte, c'est correct. Tu as juste à rincer. »
« À partir de la quarantaine, tu commences à perdre des muscles. Si tu ne fais rien, si tu ne bouges pas, tu vas perdre de plus en plus de masse musculaire. »
Pour aller plus loin
Les sujets abordés en ondes — inflammation, fibromes, digestion, habitudes durables — sont détaillés dans nos guides. L'évaluation gratuite, elle, vous donne un portrait personnalisé de votre santé digestive en quelques minutes.
Ce contenu est fourni à des fins éducatives uniquement et ne remplace pas un avis personnalisé d'un professionnel de la santé qualifié. Consultez votre médecin ou un nutritionniste pour toute condition médicale.